jeudi 12 juillet 2018

Je me plains trop [il paraît]

Hier soir, j'ai utilisé la nouvelle fonctionnalité Instagram plutôt sympa : elle laisse la possibilité à tes followers de te poser des questions, auxquelles tu peux choisir de répondre en privé ou en public. En public, c'est plus drôle quand même !
Bref, j'ai hésité toute la journée, puis je me suis dit que ça pouvait être sympa. Première "question" (avec la réponse correspondante) :



Alors, je dis pas que je me plains pas, hein, évidemment. Mais j'estime que j'ai le droit. Déjà parce que mon compte, c'est chez moi. Ensuite, si je le fais pas avec une grosse suspicion de cancer et les symptômes qui vont avec et quatre enfant dont un nouveau né... j'aurais le droit de le faire quand ?!

Et puis du coup, pour relativiser mes plaintes, je vais faire une liste de tout ce qui va de traviole chez moi depuis l'accouchement. Tu verras, mes 3 photos où je dis "haaaaaw j'ai de la fièvre" vont te paraître bien dérisoires x)
(nan mais je fais pas ça pour avoir des "oh ma pauvre!" juste pour me rassurer moi même sur mes plaintes quelques part. Parce que ça fout un coup. Pis ptet que ceux qui pensaient pareil sans le dire (nan en vrai j'ai eu que des messages de soutien, ma communauté est la meilleure du monde. Sauf l'autre meuf !)

Depuis que j'ai accouché, mon état s'est clairement détérioré. J'avais la pêche avant, juste un peu mal aux ganglions, des sueurs nocturnes, une perte de poids (assez conséquente pour une fin de grossesse, mais bon. - 5-6 kg en 2 mois) et une toux persistante. Imagine avec la grossesse... Le périnée en mousse toussa. C'était vraiment très chouette ! Pis j'ai eu une ponction. Genre le mec, il t'enfonce 4 aiguilles dans un truc déjà douloureux et il le maltraite pour réussi à choper quelque chose. La régalade quand t'as déjà passé 3 mois à souffrir à cause d'une dent...!)

Depuis la fin de ma grossesse : 
- j'ai encore maigri (je suis à - 12kg de mon poids d'avant grossesse)
- j'ai encore plus de ganglions, qui sont d'autant plus douloureux maintenant que j'ai fait ma biopsie. J'ai l'impression d'avoir constamment un poids de 10kg sur la clavicule, qui fait mal en plus. D'autres sont apparus, plus haut dans mon cou, au milieu entre les deux clavicules et sur l'autre clavicule. Et comme ils sont encore petits comparés aux autres, ils font super mal (oui, ils font surtout mal tant qu'ils grandissent. Ca va mieux quand ils ont atteint leur taille max. D'ailleurs avant de découvrir les premiers, je me rappelle que pendant plusieurs jours, j'ai eu super mal à la clavicule et à l'épaule. Mais comme je dormais sur le coté puisque j'étais enceinte, je pensais que c'était ça.)
- J'ai de la fièvre. Tous les jours. Au moins une fois, parfois plus. Hier soir, mon post de plainte, j'avais 39 et quelques. Bah si tu veux, ce matin ça a pas encore totalement disparu, je suis encore à 38). En règle général, je ne la sens pas trop, sauf quand elle monte à plus de 38,3 (oui, c'est précis XD) Ce matin, j'en souffre pas trop du coup. J'ai juste des chaud/ froid.
- je tousse encore plus. Je pourrais en vomir parfois. C'est usant. Surtout quand t'as un bébé et que t'as peur de le réveiller...! Je peux plus rire sans tousser, en général j'évite de parler si je peux sinon je tousse encore plus. J'adore chanter, en plus on est fan de Disney ici. Bah nan, j'oublie, je peux plus. Je tousse, je fais des fausses notes tout le temps (pas que je chante extrêmement bien hein, seulement normalement c'est au moins juste quoi.)
- globalement, je suis faiblarde. Me lever est devenu un défi. Je reste pas couchée toute la journée hein. Mais le canapé est devenu mon spot quoi. Je fais des trucs, assise, je m'occupe aussi des enfants (pour rappel j'en ai 4 et c'est les vacances, donc même si leur père est là, on est d'accord, on est pas trop de 2 !). je tente de faire le max. Parfois je lance une machine (trier le linge me prend une plombe, le ramener dans la cuisine aussi... Mais c'est les vacances, on est pas pressés !), je fais à manger (assise x)) ou des trucs comme ça. A mon rythme. Et souvent assise. Je sors peu de chez moi. Parce que j'ai vite la tête qui tourne et porter Aurore en écharpe est une torture (et le cosy n'est pas adaptable sur la poussette qu'on a), et puis de toute manière avec la chaleur qui fait, sortir un nourrisson c'est pas le top ! Globalement, je me sens quand même plutôt inutile, on va pas se mentir hein.
- j'ai aussi des maux de ventre inexpliqués qui me plient en deux et me donnent envie de vomir, des maux de tête, des maux de dos, une perte d'appétit insupportable, une fatigue incalculable, qui s'accumule, entre ma bébé et les nuits parsemées de rêves étranges et de sueurs qui réveillent parce que je suis plus trempée que si j'avais pris un bain. J'ai aussi l'impression qu'on me poignarde dans le torse régulièrement, j'ai des fourmis bizarres dans les mains et les pieds, et quasi aucune sensation autour de là où j'ai eu ma biopsie (où j'ai également fait une réaction géante aux pansements)
- Ah et puis la patience. Parce qu'avec tout ça cumulé, j'en manque cruellement. Et du coup je culpabilise pour mes enfants parce que je suis parfois horrible avec eux, tellement je rêve de silence.
- Et on rajoute là-dessus l'angoisse des résultats qui mettent mille ans à arriver (bon, ok, j'ai fait la biopsie y a moins d'une semaine, mais attendre c'est long quoi !) et le deuil de l'allaitement qu'il faut que je fasse avant que ça me tombe sur le coin du nez, même si c'est difficile.


Donc voilà. Je cherche pas la pitié, parce que le moral est là, y a parfois des bas (parce que clairement je trouve que la vie est une sacré connasse de me faire tomber ça dessus et à ce moment-là, soyons honnête), mais en général, il est bon, comme aujourd'hui ! Alors ouais, je vais mettre 10 ans à rejoindre le canapé que j'ai quitté pour venir écrire (bah ouais je suis à table, oh !), mais je le ferais pas en chouinant. Ca m'est égal. Moi je veux juste être soignée vite parce que j'en ai marre de souffrir H24. D'être soulagée par rien. Mais j'estime avoir le droit, de temps en temps, de dire que ça va pas ! Et puis soyons honnête : je vous spamme plus avec Petit Astre qu'avec ma maladie  !


Et toi, tu trouves aussi que cette "question", c'était de la grosse merde ? 
(je tiens à préciser que ma communauté IG a été au rendez-vous pour me remonter le moral et me rassurer. J'ai de la chance d'être si bien entourée !)

Bonne journée, je t'embrasse !

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samedi 23 juin 2018

Ma roue carrée

Cette grossesse, cette dernière grossesse, a été magnifique. Je l'ai bien vécue physiquement (hormis le premier trimestre où j'ai été hospitalisée pour vomissements quoi!). J'ai eu quelques remontées acides, oui, mais pas trop de douleurs diverses. Pas de pieds enflés. Pas de varices. Bref, une grossesse physiquement idyllique.

Mais si on calcule bien, j'ai quand même pas été gâtée.

[Juillet/ Août : 2 fausses couches précoces]

Premier trimetre : Oui bon, quand même : 1 semaine d'hospitalisation après des semaines de vomissements intensifs, de fatigue, d'insomnies (alors que quand je dormais c'était le seul moment où j'avais pas envie de vomir !), puis des semaines à me remettre, la faiblesse, l'impression de se traîner, la dépendance aux cachets pour ne pas vomir tout le temps (jusqu'au 7e mois quand même)... et enfin quand ça va mieux...

2e trimestre : ... Une dent de sagesse qui me faisait mal de temps en temps s'est brisée. Sûrement à cause des vomissements (qui étaient encore réguliers, surtout le matin). Et le début de mon calvaire a commencé. Cette douleur à s'en taper la tête contre les murs, à me faire pleurer, alors que je suis quand même dure à la douleur. Les dolipr*ne que je prenais dès que c'était possible. Calculant le point de non retour, avant que la douleur ne devienne trop forte pour être soulagée. Calculant savamment les heures pour ne pas dépasser les doses conseillées. Pour pas empoisonner mon bébé. Poser de la glace, dont je ne supporte pas le contact, directement sur la peau de mon visage pour soulager la douleur. Les bains brûlants, en espérant que mon corps sécrète des hormones pour s'auto soulager. Et toujours ne pas dormir parce que la douleur n'était que rarement absente. A tel point que j'en rêvais parfois la nuit ! Et ces problèmes de mutuelle qui repoussent encore et encore l'extraction, qui a dû attendre le début de mon 7e mois.

3e trimestre :  Et enfin la libération ! Après quelques douleurs (comme j'en parlais ici) cette saloperie est enfin partie. La douleur avec. Pour toujours. Mon dieu. Comme ça fait du bien de ne pas avoir mal h24 ! Et étrangement, mon homme redécouvre le bonheur d'avoir une femme qui peut rire sans se mettre à pleurer direct derrière parce que rien que ce simple geste lui cisaille le crâne. Les enfants retrouvent une maman (presque) calme. Bref, je revis. Pas de douleur post op', un vrai régal. Je revis littéralement !

Mais est ce que ça pouvait durer ? J'aurais aimé. Mais c'était sans compter ma roue carrée. Cette maudire routourne qui tourne pas. Bah ouais, je viens de comprendre : elle est pas ronde, elle risque pas de tourner !
Si tu me suis sur les réseaux, tu sais que 12 jours (exactement, oui, j'ai compté) après l'extraction de ma dent, à 35sa, j'ai découvert un énorme ganglion au-dessus de ma clavicule droite. J'étais assise devant mon pc, à parler avec une copine, je remarquais qu'elle avait maigri et qu'on voyait bien ses clavicules maintenant. J'ai touché les miennes et découvert ce monstre. Mais c'était un vendredi soir. Le lundi je pouvais pas aller chez le médecin. Le mardi c'était férié. Bon : rendez-vous pour mercredi. Jour où mon médecin traitant n'est pas là en plus. Bon, tant pis.
Le médecin qui me reçoit est réactif, j'ai une échographie programmée pour l'après-midi (qui est rassurante, les ganglions on une apparence de ganglions infectieux), une ordonnance de pds longue comme le bras à faire. On recherche la toxo, la griffe du chat. La toxo, bien que négative même pas un mois avant m'inquiète. Oui, en effet, si elle atteint bébé dans le dernier trimestre, y a moins d'atteinte, mais y plus de chance qu'elle l'attrape.
Je pense à toutes les maladies possibles et imaginables qui peuvent rendre mon bébé malade. Qui peuvent même la tuer. J'ai la peur au ventre pour elle. Ma si petite qui n'a rien demandé. Tout revient négatif. Pas de toxo, pas de griffe du chat, pas de listériose (parce que c'est une atteinte digestive et si les ganglions étaient montés si haut... ils auraient été à gauche et non à droite!). Mon médecin pense à une infection bactérienne. Je suis mise sous antibio une semaine. Puis re prise de sang. Encore plus mauvaise que la précédente. J'arrête donc le traitement. Restait à écarter la tuberculose, même si je n'ai croisé personne qui aurait pu me la filer, que la toux que je me traîne depuis quelques temps n'est clairement pas tuberculeuse. Je fais une radio des poumons, alors même que je suis enceinte. [le temps de faire tous ces examens je suis à 1 mois du terme]. Ça m'inquiète, mais bon, je la fais. Elle ne montre rien.

Je fais également une ponction de liquide présent dans les ganglions (qui sont finalement 2 et non pas un gros comme je pensais!) (je sais plus si c'est avant ou après la radio par contre!). J'ai eu vraiment très mal. Le radiologue a galéré. Il m'a piqué 4 fois avec 2 tailles d'aiguilles différentes. Et vas-y que je fais des va et viens dans les ganglions pour réussir à prendre du liquide. Il réussit à en extraire un peu, qu'il est obligé de diluer au sérum phy pour que ça reste pas dans les seringues. Maintenant, une semaine avant de savoir si y a des bactéries dans le liquide, 15 jours pour savoir avec les anatomopathologistes, si y a autre chose. Nouvel examen chez le médecin, les ganglions sont toujours là, j'ai perdu 5kg depuis ma pesée d'avril, parce que j'ai perdu l'appétit. Je mettais ça sur le compte de Petit Astre coincée dans mon estomac. Je tousse toujours, mais l'examen des poumons est bon. Pourtant, moi, j'ai souvent du mal à respirer. (examen pulmonaire refait à la visite des 8j de Petit Astre, je tousse toujours, j'ai toujours du mal à respirer, mais toujours rien. Youpi)

Et encore des semaines à angoisser. Malgré le fait que les pires maladies aient été écartées (la tuberculose 2 fois donc, parce que la ponction n'avait rien révélé en ce sens non plus), j'ai toujours peur pour mon bébé, même si je m'efforce de ne pas y penser. Je tente de ne pas m'inquiéter, de profiter de ma fin de grossesse. Autant que je peux.
Le 24 mai, le médecin qui suivait mon cas (en collaboration avec mon médecin traitant et des médecins du CHU, parce que ça restait énigmatique) m'envoie un mail pour me communiquer les résultats de l' "ana-path". Si possible avec mon homme, parce que je suis forcément fatiguée et stressée en cette fin de grossesse. Je suis pas dupe (et je lui dis), je sais que quelque chose cloche, que c'est pas par pure bonté d'âme, même si c'est un médecin très humain et franchement adorable. Elle me demande de prendre rendez-vous rapidement, en plus, alors qu'y a "rien d'inquiétant". Tu l'auras compris : plus elle tente de me convaincre que tout va bien, plus je stresse. Surtout qu'aller au cabinet avec mon homme, faut prévoir ses repos (qui sont très mal placés, surtout que j'ai encore des rdv gynéco la semaine d'après, la seule où il avait un jour de repos dispo), les bus, emmener Arc-en-ciel... Bref, c'est galère. Finalement, mon médecin traitant m'appelle le lendemain pour me dire qu'elle est au cabinet samedi et que si je veux je peux passer, mon heure sera son heure. C'est toujours et encore suspect, même si elle est adorable. Je commence vraiment à flipper. Miracle, mon homme travaille pas... Mais c'est samedi et les enfants sont tous là. C'est pour ça qu'on voulait attendre la semaine d'après. Je contacte ma mère dans la foulée qui accepte de m'emmener le lendemain au pied levé, tandis que mon homme gardera les enfants.

On arrive vers 11h, je suis stressée. J'ai toujours peur pour mon bébé qui gigote au creux de moi, et dont je surveille les mouvements comme le lait sur le feu depuis bientôt 1 mois (enfin plus, hein, mais encore plus quoi).

Elle m'ouvre la porte avec le sourire. Ma maman se carre dans sa chaise, s'apprêtant à m'attendre à l'extérieur. Ah non non non. Je veux pas être seule. Y a pas moyen. Hop, tu viens. Elle entre donc avec moi.

Mon médecin commence avec les banalités d'usage, comment vont les enfants, et la grossesse... Toussa quoi. Puis viennent les choses sérieuses. Elle refuse de voir tous les documents que j'ai ramenés, résultats d'analyses, radio, échos, parce que sa consœur lui avait déjà tout montré, tout expliqué. Wokay.

- Et donc, les résultats de la ponction ?
- C'est une suspicion de la maladie d'Hodgkin. Une maladie des ganglions. Qui se soigne très bien ne vous inquiétez pas. On en guérit, c'est pas uniquement du soin, vraiment on en guérit, ne vous en faites pas. Le traitement est lourd, il est assez long, comptez 6 mois, mais après, tout ira bien.

J'ai déjà entendu parlé de cette maladie, mais la pathologie m'échappe totalement. Par contre, ce qui m'échappe pas, c'est les termes "traitements lourds" et "comptez 6 mois".

- Et... l'allaitement ?

Le médecin fait la moue. Elle plisse les yeux d'un air embêté.

- Je savais que ça serait là où ça coincerait. Je suis désolée, on ne pourra vous laisser qu'un mois d'allaitement maximum. (les larmes se mettent aussitôt à rouler sur mes joues, sans aucun contrôle. Mon tout petit bébé...) Je sais à quel point ça vous tient à coeur, je suis désolée.


Profiter de chaque instant



Oui ça me tient à coeur. Aujourd'hui encore, quand je donne le sein à ma bébé, j'ai un pincement au coeur quand je vois les posts d'allaitement long, du groupe LLL... Je pleure quand je la vois si bien, accrochée à mon sein, et je sais qu'il ne me reste pas beaucoup de répis. Alors je lui donne le sein, encore et encore, je profite de l'y voir, de l'y sentir. Encore et encore. Même l'or de ses couches me régale, parce que ça veut dire que le lait qu'elle boit, c'est le mien. Et je me prépare doucement mentalement à passer à autre chose...

- Votre réaction est normale, prenez un mouchoir, je suis désolée du deuil que vous allez devoir faire... Vous aurez encore des examens à passer. Une biopsie, un scanner... les rendez-vous sont déjà pris et votre dossier passe devant les hématologues mercredi. En attendant, vous avez ordre de profiter de votre grossesse. N'y pensez pas, de toute manière, on ne fera rien avant votre accouchement. Donc profitez. Et n'allez pas sur internet. Soyez "un bon petit soldat" (oui, ok, on a parlé de ma gynéco que j'avais eu en ligne la veille et avec qui ça c'était mal passé... ^^' elle a donc vu que j'avais un caractère plutôt bien trempé), n'allez pas sur internet !

On se dit au revoir, après quelques minutes encore de consultation. Et on rentre à la maison. J'annonce à mon homme, qui file voir en douce ce qu'est la dite maladie. Moi je résiste parce que y a maman.
Mais le soir dans le bain, je dégaine mon smartphone, et je regarde. Sur des sites sérieux évidemment. Et je lis que c'est un lymphome. Un cancer du système lymphatique. La claque. Je tente de me raccrocher au mot "suspicion". Mais c'est dur. Parce qu'elle a pas laissé de place au doute dans ses explications.
Le lendemain matin, mon homme part tôt au boulot, et contrairement à son habitude, il vient me voir avant de partir, me serre dans ses bras en pleurant. C'est là que je comprends qu'il a été lire, contrairement à ce que je lui avais demandé de faire. D'un côté, je le déteste, de l'autre, ça m'arrange de ne pas avoir à lui dire moi-même les mots "lymphome" et "cancer".

Lundi 25 juin, lundi qui arrive donc, un mois presque pile après ce rendez-vous avec mon médecin, j'ai rendez-vous avec le chirurgien et l'anesthésiste en vue de ma biopsie, qui aura lieu sûrement dans la foulée.

Vous dire que j'ai peur serait un euphémisme. Vous dire que mon coeur n'est pas brisé pour mon bébé qui arrive dans le monde avec une mère qui pourra ni l'allaiter ni profiter comme il faut de ses 6 premiers mois serait faux. Vous dire que je ne suis pas en colère contre le sort qui s'acharne à gâcher ma dernière grossesse, mon dernier allaitement, et le temps passé avec mon dernier bébé serait un mensonge colossal.

Oui, je profite. Oui, ma bébé n'est que douceur. Oui, j'ai la chance, pour ce petit mois, d'avoir un allaitement qui roule, c'est toujours ça de pris et ça de moins en galère. Mais y a des jours moins faciles que d'autres. Parce que je ne sais toujours pas avec certitude. Parce que j'ai peur du traitement. De la maladie. De ne pas profiter. De voir ma si petite éloignée de moi par la force. La majorité du temps, j'arrive à relativiser. Mais des fois, c'est pas le cas.

J'ai hésité à vous en parlé, de ma roue carrée. Je ne voulais le faire qu'après les résultats de la biopsie. Mais force m'est d'admettre que ça m'a fait du bien, quand même. Parce que ça m'évite de tourner en boucle dans ma propre tête. Ou avec les mêmes personnes qui doivent me rassurer sans cesse...

Bref, ma routourne a intérêt à trouvé un bon polisseur pour redevenir ronde, parce qu'après ça, je suis pas sûre de pouvoir encaisser encore !

Bonne nuit, je t'embrasse !

Ps : Désolée pour le billet fleuve, mais fallait que je dise tout, une fois que j'avais commencé !

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lundi 18 juin 2018

Furtivement, j'ai eu peur.

J'ai attendu mon bébé pendant 38 semaines et quelques jours. Comme chaque fois, j'ai trouvé la grossesse miraculeuse. Comment le corps d'une femme peut-il accueillir et faire grandir un petit être humain ? Comment était-il possible que mon propre corps abrite un petit humain, que je rencontrerai bientôt? Alors oui, je sais, c'était déjà la 4e fois que j'étais "confrontée" à ce miracle. N'empêche que ça m'a toujours paru si étrange et si magique ! Un petit humain tout entier, une nouvelle petite vie.... Moi, j'arrive à créer ça  ? Mes petits amours.... !

Tu te demandes pourquoi je titre mon billet comme ça, alors que pour le moment ça semble magnifique ? Ca l'est, évidemment ! Mais pour la première fois, s'est mêlée, avec la joie de rencontrer mon bébé, une peur panique, sortie d'on ne sait où : mon dieu, je vais la rencontrer. Ma toute petite.

A l'arrivée à la maternité


Oui, l'accouchement dans la voiture, j'ai adoré, c'est le meilleur accouchement que j'ai vécu. Le plus naturel, celui qui manquait à ma "collection". Celui qu'inconsciemment j'avais toujours voulu vivre.

Il n'empêche que quand j'ai senti sa tête, prête à sortir de moi, j'ai eu une bouffée de panique. Pas de la faire naître dans cet endroit qui n'était pas fait pour. Pas de la faire naître sans assistance médicale. Pas parce qu'on roulait sans avoir d'endroit où s'arrêter. Non, j'ai eu peur de la rencontrer. Comme si, en sentant moi-même cette tête avec mes doigts, je réalisais que c'était ma fille qui arrivait. Je n'avais jamais eu cette sensation auparavant. Doudou est né par césarienne. J'étais enceinte, couchée sur une table d'opération, et d'un coup, on me présentait ce bébé comme étant le mien. Pour la Bulle, oui, je l'ai sentie sortir, évidemment. Mais je ne l'ai pas vue, je ne l'ai pas sentie avec autre chose que la douleur du passage... et on me présentait ce bébé comme venant de sortir de moi. Pareil pour Arc-en-ciel. J'ai eu très mal d'un coup, et 2min après, je donnais tout ce que j'avais pour la sortir... Sans la sentir consciemment non plus.
Petit Astre est la première que je "rencontre" avant qu'elle soit sortie de moi. Que j'ai accompagnée consciemment dans ce monde. Ca n'a pas été moins douloureux que pour ses soeurs. Mais je l'aie accompagnée, une main sur sa tête, jusqu'à ce qu'elle sorte entièrement de mon corps. En quelque sorte, c'est la première fois que je peux réellement faire le lien entre le bébé "dedans" et le bébé "dehors". Et oui, pendant un quart de seconde, ça m'a terrorisé. C'était vraiment vrai. J'allait rencontrer un nouveau petit être, une toute petite fille dont je ne savais rien. Tout ce que je savais, c'était que je l'aimais déjà si fort! Je ne connaissais même pas son visage ! J'allais enfin le découvrir... C'était l'inconnu total, et pour la première fois, je le réalisais pleinement. Au bout de mon 4e enfant. C'est fou quand même ! J'aurais tellement voulu vivre tous mes accouchements en conscience, comme celui-ci, plutôt que d'être concentré sur ce qui se passait autour de moi !

Bref, aussi étrange que ça puisse paraître, il m'aura fallu 4 naissances, 4 bébés, pour percer le mystère de la naissance. Ca y est, j'ai enfin fait le lien entre le bébé de dedans et celui de dehors, même si ça m'a fait peur pendant une seconde !

Dis-moi que je suis pas totalement bizarre, pitié, et que toi aussi, ça t'est arrivé x)

Bonne soirée, je t'embrasse !
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dimanche 10 juin 2018

La folle aventure de la naissance de Petit Astre



"À l'aube d'une nouvelle ère,
Au Big Bang de l'univers,
Une Étoile prend son essor,
Elle porte le nom d'Aurore"
                   Son tonton



Et voilà. Petit Astre est née. Elle est là, toute petite, avec son joli visage si petit. Ma Petite merveille merveilleuse. Ma petite dernière. Le point à la fin de mon chapitre maternité. Aaaah je l'ai attendue. Pas autant que tous les autres. Mais j'avais tellement hâte de la rencontrer !




Quelques heures après sa naissance,
 une fois installées en chambre




Et si je commençais par le début ?

Mardi 5 juin 2018,

La journée promet d'être longue. J'ai encore mal dormi, les enfants sont intenables dès le réveil. Je passe rapidement du "j'aurais bien dormi encore une heure" à "laissez moi m'exiler loin de tout le monde!". Pourtant la veille, j'allais bien, je jurais que je pouvais rester enceinte encore 10 ans sans soucis, malgré le fait que la sage femme m'ait annoncé qu'il manquait peu de chose pour que le travail commence. C'était pas grave : je me devais de profiter de cette fin de grossesse merveilleuse. Mais ce mardi, je me sentais lourde, fatiguée, maussade et comble : je m'ennuyais ferme. Surtout que depuis plusieurs je sentais que ça travaillait, mais manifestement pas assez, puisque j'étais toujours là. Dans l'après-midi, après avoir couché Arc-en-ciel qui passait son temps à dire que mon ventre était un ballon, je me suis improvisé un ballon de travail sur le bord du canapé. Et vas-y que je tourne du bassin et mouline du popotin en espérant que ça change quelque chose. Que nenni ma bonne dame. Pas une contraction, rien, nada. En désespoir de cause j'ai lancé et étendu une machine, puis fait la vaisselle avant d'aller chercher les enfants à l'école sous le ciel aussi maussade que moi. Pour une fois je tentais même pas de rester avec mon amie pour papoter un peu, j'ai même été d'une compagnie exécrable, je crois. Je n'avais qu'une envie, rentrer et mettre tout le monde au lit (ce qui bien sûr a du attendre quelques 4h30 hein). Je suis donc rentrée rapidement (ouais, normalement je traîne sur le retour. Bah là j'ia pressé tout le monde en râlant) avec ma petite troupe. Ils ont été un peu malmenés par leur mère à l'humeur de dogue ce soir là, les pauvres. Enfin les pauvres. Ils ont été affreux en fait. Excités comme des puces. A crier, sauter, courir et me rendre encore plus chèvre que je ne l'étais déjà. Sur un coup de tête, vers 18h je lance une nouvelle machine que j'étends dans la foulée, au cas où. LA machine que je repousse tout le temps parce que j'ai pas de fil à linge pour les étendre : les draps. Me disais qu'au cas où ma poche des eaux pète dans le lit, ça serait balot de pas avoir de drap propre. Parce que oui, plus la journée passait plus une petite voix que je tentais de faire taire pour pas être déçue si c'était pas le cas, me disait que franchement, dans la nuit, elle le sentait bien.
Je finis par coucher les enfants vers 20h30, comme tous les soirs, et me jette en boudant dans le canapé en attendant que mon homme m'appelle en sortant du travail. Conversation en plus que j'écourte parce que je suis pas d'humeur. Il finit par arriver vers 22h, comme d'hab (ça me fait ronchonner parce que c'est taaaaard!), et il allume la play pour jouer. Comme tous les soirs, je reste avec lui, pianotant sur mon smartphone et m'ennuyant mortellement. A minuit, pas plus fatiguée que ça, mais soulée, je décide d'aller me coucher. J'annonce à Petit Astre, en me glissant dans mes draps, que si elle désire arriver le 6 juin, ok, de base je voulais pas, mais bon, ça remplacerait un mauvais souvenir par un bon, alors ça serait pas si mal finalement. Je me couche, j'éteins la lumière et m'endors instantanément.

Mercredi 6 juin,

4h10. Putain génial. Même pas je peux faire une nuit complète, j'ai envie de faire pipi. Génial, en plus j'ai mal à la hanche, je sais pas pourquoi. Au top. Ouais, apparemment, je suis toujours ronchon. Je fais pipi et je retourne au lit. 

4h35. C'était quoi ça ? Alors que je commençais à me rendormir, j'entends distinctement un petit "crac" comme quand on fait craquer ses doigts, juste au dessus de mon nombril. Un endroit où, on est d'accord, je n'ai pas une miette osseuse! J'en suis sûre, mon sentiment non avoué de la journée précédente était fondé : c'est pour aujourd'hui, et ça, c'était la poche qui fissure. Je vais aux toilettes à nouveau. Pas de liquide, mais pas mal de glaires (ah oui, j'ai pas prévenu : ça va être un billet super glam x)). Je retourne au lit. Puis retourne aux toilettes 5min après. Ah non, ce sont encore des glaires. Bon, tant pis, allez, au lit. Je me trompe encore sûrement, demain, je serais encore toute ronde de bébé !

4h50. Ouuuuuh ça pique ça. Non, je me suis pas trompée, c'est maintenant! ça commence ! 3min entre chaque contractions. J'en laisse passer 5, qui me prennent le ventre et les reins, avant de dire à mon homme que ça y est, cette fois c'est la bonne et envoyer un message à ma mère et ma soeur (qui devait m'accompagner et assister à l'accouchement tandis que mon homme restait avec les enfants). Moins d'une heure après la première contraction, je me décide à appeler la maternité pour savoir si je viens ou pas. Et là... purée, j'ai mis où le numéro de la salle de naissance ??! Entre deux contractions qui me forcent à visualiser des vagues qui affluent et refluent, je finis par retrouver le numéro sur une vieille carte de rendez-vous. J'explique à la sage femme que j'ai des contractions pas piquées des hannetons (si ça se dit encore promis) toutes les 3 min et que comme c'est un 4e, même si ça fait pas une heure, je me questionne. Elle me dit qu'en effet c'est plus prudent de venir. Moi, en mon fort intérieur, j'ai peur qu'en arrivant on me dise de repartir, ou alors d'accoucher le lendemain. Avec mes accouchements qui durent toujours mille ans...! Je raccroche et dans la foulée, tente d'appeler ma soeur (qui doit m'emmener à la maternité, rappelle toi ). Impossible elle répond pas, alors que ça fait à peine 5min qu'elle a répondu à mon sms disant que je pensais que c'était la bonne. Bon, tant pis, j'appelle maman ! 

5h49. Elle me répond d'une voix ensommeillée qui se réveille très très rapidement. Elle saute dans ses vêtements et dans sa voiture. Moi je continue à gérer comme je peux, tout en me préparant. Ca fait vraiment mal, j'ai des contractions dans les reins, et rien ne me soulage quand les vagues me submergent. Mon homme me soutient comme il peut (bon, il a tenté de mettre de la musique et de parler une fois. Il s'est fait insulter xD). Pour lui, c'est vraiment pour de vrai. Moi j'hésite encore, j'y crois, évidemment, mais une part de moi reste prudente. J'ai trop peur qu'on me renvoie !

6h57. Elle m'envoie un message pour me dire qu'elle arrive. Normalement, elle est à peine 30 de chez nous, mais c'est la pleine heure de pointe pour ceux qui vont au boulot. Génial. Avec mon homme on descend. Lui remonte bien vite, les enfants dorment encore et on veut pas prendre le risque qu'ils se réveillent. Quelques minutes plus tard, alors que je suis pendue à la boîte aux lettres pour soulager une contraction, elle se gare. On prend mes affaires, on met le GPS et roulez jeunesse ! Ma soeur m'appelle, confuse, son téléphone s'était mis sur silencieux et elle s'est rendormie. Je la rassure, maman est là, on décolle de chez moi !
On roule. Les pavés, les trottoirs, les dos d'ânes, les bouches d'égoût et cette route même pas lisse sont insultés copieusement à chaque contraction. Parce qu'honnêtement, gérer des contractions dans les reins en voiture ça craint ! (pour Arc-en-ciel j'avais testé les "normales" et c'était bien plus gérable quand même). Tandis qu'on roule, il me semble que la route qu'on prend est différente de celle que je prends d'ordinaire pour l'hôpital. Mais je laisse couler, je conduis jamais, le GPS sait mieux. Mais quand même, il me semblait pas qu'on prenait le pont d'Aquitaine quoi. La circulation est plus que bof, franchement ça craint.

7h30. "Vous êtes arrivés à destination." nous annonce le GPS. Comment ça on est arrivés ? On est pas du tout dans la bonne ville, et, je sais pas toi, mais ça ressemble plus à une zone industrielle qu'à un hôpital ! Ma mère ne comprend pas. Elle me montre son téléphone.... Et effectivement, c'est pas du tout la bonne adresse. Elle re configure à la bonne adresse. On est de l'autre côté de la rocade. Le GPS (cette connasse) nous annonce encore 40min de trajet. Dans les bouchons. Honnêtement, je sais pas comment je vais tenir encore 40min à devoir gérer en voiture. J'ai pas l'impression que ça se soit intensifié, c'est toujours toutes les 3min, mais je commence à fatiguer, et clairement, je chante depuis déjà pas mal de temps quand ça contracte. Tiens, bizarre. Une contraction "intercalaire". moins douloureuse que les autres, mais elle est quand même entre 2 contractions "normales". On repart rapido.
On prend la rocade. Puis on prend la direction de l'échangeur vers l'autoroute pour retourner vers Bordeaux. Et là...

ENORME CONTRACTION DE SA RACE. (oui je suis polie). Je me détache pour pouvoir me pendre à la poignée et gérer. Et... PLOTCH. " Ca c'était la poche des eaux !!" que je crie à ma mère (tout en me disant "putain, j'ai ruiné sa voiture!"). D'un mouvement incontrôlé et instinctif, je baisse mon pantalon ("ah bah génial, maintenant, je suis à poil dans la voiture....!). Je mets ma main, je sais pas pourquoi. A à peine une phalange de l'extérieur.... UNE TÊTE !
"ELLE ARRIVE!"
Ma mère commence à regarder autour d'elle : "je peux pas me garer, je peux pas m'arrêter!". Elle répète ça en boucle. on est dans l'échangeur, y a des voitures partout parce qu'y a des bouchons, et je sens bien que Petit Astre progresse vers la sortie. Une main entre les jambe, je sens sa tête qui est presque dehors. Je chante maintenant très fort, pendue à ma poignée de toit. Le levier de vitesse me gêne, je peux pas mettre ma jambe comme je veux, ma mère s'excuse, mais elle doit passer les vitesses. "Baisse ton siège!!!" "PEUX PAS" Je continue à pousser, c'est incontrôlable, elle doit sortir! Ma mère arrive à sa sortit au moment où la tête émerge dans un cri de soulagement.
On est sur l'autoroute. Toujours bouchonnée. Je continue à crier et à me pendre à ma portière. "Tu veux que je me gare sur la bande d'arrêt d'urgence ???!" "OUI !" ("mais c'est quoi cette question, putain!"). Elle se gare. Elle fait le tour de la voiture. Elle tente de baisser le siège, sans succès. Tant pis. Elle vérifie rapidement si y a pas de cordon autour du coup, aide une petite épaule à sortir tandis que je pousse encore. "va falloir pousser une dernière fois!". Je pousse, elle glisse dehors et ma mère la choppe. Elle crie instantanément. Ma mère pose mon tout Petit Astre blanc de vernix, un brin gluante et criante sur moi, tandis qu'elle va chercher de quoi la couvrir dans mon sac qui est dans le coffre. Elle lui pose tout ça dessus, je serre mon bébé contre moi. "Il est quelle heure???!" "heu. 7h45!" (apparemment ma question était bizarre, mais faut bien savoir à quelle heure elle est née nan? x)). Elle refait le tour de la voiture et remonte. "T'as regardé que c'était bien une fille?" (je demande) "non". "Ah bah c'est bien une fille! Il est où mon téléphone ? Faut que je prévienne Jo (mon homme) et la maternité !". Entre le moment où la poche a percé et la naissance, il s'est écoulé 5min.
J'appelle donc. Mon homme panique un peu quand je lui dis que je viens de donner naissance à sa fille dans la voiture. Je le rassure, tout va bien. Elle va bien, je vais bien, le sang ne coule plus et on se dirige vers l'hôpital. J'appelle la maternité dans la foulée, qui me donne les consignes pour notre arrivée. J'appelle également ma soeur pour lui dire que c'est plus la peine de se presser (elle déposait les filles chez la nounou et devait me rejoindre à la maternité pour assister à l'accouchement.).
On roule tranquillement, totalement galvanisées par ce qu'on vient de vivre. Je viens d'accoucher. Dans la voiture. Quelle aventure quand même ! Et je découvre enfin ce tout petit visage ! Aurore est née à peine 3h après le début du travail. Moi qui accouche toujours lentement, j'en reviens pas. Pour moi, j'avais le temps d'arriver mille fois à la maternité ! Je finis par mettre bébé au sein, après avoir galéré à détacher mon soutien gorge qui était totalement réfractaire, et à une main c'était chaud.
Arrivées à Bordeaux, on se retrouve dans les bouchons et les travaux. Le GPS nous dit d'aller tout droit alors que c'est pas possible, on sait pas trop où aller. Un monsieur s'approche de la voiture, ma mère, pensant sûrement qu'il a un renseignement à nous donner, ouvre la fenêtre (de mon côté). Elle lui demande ce qu'il veut. Quelques pièces pour un café parce qu'il a dormi dehors (le pauvre, hein, je suis pas dénuée de compassion). Je lui dis "Et moi j'ai accouché dans la voiture, on est un peu pressées!". Il s'est excusé en regardant dans mes bras la couverture pleine de sang et mon bébé emmitouflé... et on repart en le laissant avec un regard éberlué sur le visage.
On finit par arriver près de l'hôpital. Les contractions, qui m'avaient pas vraiment quittées mais qui restaient en douleur de fond et seulement dans mon dos m'empêchent maintenant clairement de rester assise. Bon, Il doit être temps que le placenta sorte. Je chope fermement le cordon au plus proche de sa partie interne, je pousse tout en tirant dessus pour l'aider à sortir. Plop, il est dehors. "Désolée, le placenta aussi est sorti!" (oui, maman, m'avait dit que ça serait cool qu'il sorte pas dans la voiture... x))
5min après environ, nous nous garons sur le parking des ambulances, ma mère sort pour prévenir que nous sommes arrivées. Elle revient avec une personne de l'accueil et un fauteuil roulant. Elle prend Petit Astre et court à l'intérieur, un bébé dans un bras, et pendant au bout du cordon dans son autre main, un placenta sanguinolent. Je suis en fauteuil après m'être rhabillée. Dans l'atrium, les sages femmes font les premières vérifications de Petit Astre sous le regard éberlué des gens présents. Je fais une entrée remarquée, sur mon fauteuil, forcément !

Après, nous sommes descendues en salle de naissance, histoire de réchauffer bébé, faire mes soins à moi, nous nettoyer un peu, et faire la surveillance. Petite hypothermie et hypoglycémie pour la demoiselle, mais rien de grave. Quant à moi, tout va bien ! Pas de déchirure, j'ai la pêche... tout est nickel !
Ma "super" gynéco passe : "Mais madame, c'était pas la peine d'accoucher dans votre voiture!" "oh sisisisi =D" Bah ouais, elle avait mis en place tous les protocoles comme si j'étais diabétique alors que non (les prochaines dextro de Petit Astre l'ayant confirmé), et si j'ai rien dit pour pas lui sauter à la gorge au dernier rendez-vous, je suis pas dupe, et encore moins débile ! Bref, elle finit par repartir, tandis qu'en riant, la sage femme dit que je suis pas sympa, elle a le boulot pas cool alors qu'elle a même pas mis de bébé au monde !

Ma soeur nous rejoint rapidement, ma mère doit partir, elle doit passer chez moi déposer mes vêtements souillés et garder mes grands pendant que mon homme va faire 3 courses (il a pas réussi à les mettre à l'école avec tout ce stress!), et en plus elle travaille l'après midi et doit.... nettoyer sa voiture ! Séquence émotions, câlins félicitations avec ma soeur qui n'en revient pas de l'aventure qui vient de se dérouler. Elle découvre Petit Astre, la câline, et l'habille, avec une pointe d'émotion parce que tout ce que sa nièce avait pour sa naissance avait été porté par Loulou.

Petit Astre est donc née sur une bande d'arrêt d'urgence, à 7h45 le 6juin, une date qui a marqué notre histoire familiale... et donc le souvenir maussade est largement remplacé par cette merveille !
Elle pèse 3kg700 et mesure 51cm. Ma petite dernière est donc officiellement ma crevette dernière. Ma magnifique dernière crevette !


Elle est pas dingue cette histoire ?!

Bonne journée, je t'embrasse !

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jeudi 10 mai 2018

Oui, je n'ai pas encore 30 ans.

Comme tu le sais (ou pas d'ailleurs!), j'ai 29 ans. 29 ans et demi même, puisqu'en novembre j'en aurais 30 (chut. Je le vis mal. J'aurais 29 ans jusqu'à minuit 20 et 59 secondes XD). Bref. J'ai pas encore 30 ans quoi.

Et pourtant, aussi bizarre que ça puisse paraître, SAIS que je ne voudrais plus d'enfant après Petit Astre. Je le sais, je le sens, au fond de moi. Ce bébé viendra compléter notre famille parfaitement. Et avec mon compagnon, nous sommes d'accord là-dessus. Quatre enfants, (en 6 ans et demi, n'oublions pas ce détail), ça nous suffit. Nous les avons toute l'année, tous les jours, nous ne pouvons pas les faire garder, avoir du temps pour nous seuls... Quatre, c'est suffisant.






Alors qu'on vienne me dire " Tu peux pas savoir. Tu verras. T'es jeune" ... Non, je n'accepte pas. Parce que c'est condescendant. Parce que c'est pas bienveillant. Parce que je suis peut-être jeune, mais je suis pas non plus un lapin de 2 jours. La jeunesse n'a pas l'apanage de l'indécision. Et la vieillesse celle de la sagesse.

Alors évidemment, je ne sais pas ce que la vie me réserve. Qui le sait ?! Mais je sais une chose : ma famille est au complet, mon corps a donné en terme de grossesses (8 si tu comptes bien, j'en reparlerai), en terme de fatigue. J'ai sacrifié mes études, mon temps libre, mes envies, mon sommeil, mon couple, mes amies parfois. J'ai envie, à plutôt court terme (je vise 3 ans, quand tout le monde sera à l'école), de pouvoir faire des choses pour moi et pas uniquement sur les temps de sieste... aléatoires ! Retrouver l'homme avec qui je vis et pas seulement quand tout le monde est couché. Parler à nouveau et pas seulement couches. Pouvoir écrire .... Alors oui, j'ai réussi à écrire 1 livre presque et demi. Mais ça reste des conditions de travail particulièrement difficiles. J'ai besoin de me retrouver. De retrouver mon corps. De retrouver mes neurones aussi, aussi bizarre que ça puisse paraître !

Je suis jeune, mais pas stupide. Qui peut dire mieux que moi ce que je veux, ce dont j'ai envie ?
La seule personne qui pourrait me dire quelles sont mes envies profondes, aura porté mes chaussures toutes ma vie. Mes douleurs. La difficulté de mon parcours. C'est pas parce qu'on est jeune qu'on n'a pas vécu. Je n'ai pas encore 30 ans, mais je sais que la vie n'est pas un long fleuve tranquille. Je sais qu'elle nous réserve des surprises, bonnes comme mauvaises. Je sais que ce que je veux aujourd'hui ne sera pas forcément ce que je voudrais demain. Et ne se réalisera pas forcément uniquement parce que je le veux de toutes mes forces.

Mais quand je dis que c'est ma dernière grossesse, je le sais, je le sens, c'est la dernière fois que je porte la vie au creux de moi. J'adore hein, être enceinte, avoir un mini bébé dans les bras, sniffer cette odeur... et par dessus tout accoucher. Mais je ne me sens pas de recommencer. 4 enfants à pas 30 ans, c'est honorable, je laisse mon tour à d'autres (je compte sur ma soeur pour en faire encore au moins un que je pourrais sniffer et à mes copines irl qui n'en n'ont pas encore ! parce que les bébés des autres, ce qui est bien, c'est qu'après, ils les récupèrent en fait... x))  Quand mon test m'a dit que j'étais enceinte, j'ai su tout de suite que c'était la dernière fois. Je me suis même demandé si c'était pas "l'enfant de trop", si je faisais pas une bêtise, parce que nous avions enfin trouvé un équilibre avec ce petit Arc-en-ciel qui a été si difficile à comprendre. Tout a eu un goût de dernière fois, un peu malgré moi, dans le sens où c'était pas une décision que je prenais mais vraiment un sentiment profond. J'étais complète. Je ressentais pour la première fois cette satiété de maternité. Et la suite, avec l'hospitalisation, l'inquiétude... non, je ne me sens plus de revivre tout ça. Et je suis en paix. J'avais peur que cette limite de 4 imposée par mon compagnon ne me rende malheureuse. Mais non. Je suis en paix avec cette décision prise à deux finalement. Je suis heureuse de me dire qu'à mon mariage l'an prochain, j'aurais tous mes enfants près de moi.

Je veux retrouver des nuits potables un jour, cesser de m'inquiéter de ce que je mange, du moindre pet de travers, et puis tout simplement, je veux pouvoir donner assez d'attention à chacun ce qui n'est déjà pas forcément le cas avec Arc-en-ciel qui est plus demandeuse que les deux grands.


Cette petite vie qui sera mon nombril sera la dernière à le déformer, et je suis en paix avec ça.

Bonne journée, je t'embrasse !

PS : Oui, ce billet fait suite à des remarques répétées. Oui, j'ai dit tout ça à la personne concernée. Oui, j'ai besoin de vider mon sac parce que je suis en colère. Non j'ai pas honte. Et non, je ne dirais pas qui est cette personne.

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