vendredi 11 octobre 2013

Tisser des liens avec bébé ? Pas si facile parfois....



Depuis quelques jours, j'ai certaines réflexions qui se tissent dans ma tête, certains parallèle qui se font. Je sais pas encore très bien comment je vais mener cet article parce que c'est très brouillon dans mon esprit.

Il y a 25 mois et 10 jours, j'ai accouché de mon tout petit garçon (tout est relatif, certes). J'ai accouché par césarienne. Je l'ai mal vécu, je ne m'attendais pas à ça pour mon premier accouchement, mais ça, tu le sais, je l'ai déjà évoqué plusieurs fois. Il y a 3 mois et 6 jours, j'ai accouché par voie basse de ma toute petite fille, et ça a été le plus beau jour de ma vie. Non pas que mon premier accouchement n'ait pas été un jour merveilleux, puisque j'ai tout de même rencontré ma merveille de petit garçon, mais c'était bien différent.

Aujourd'hui, je me rend compte que non, je n'ai pas vécu leur arrivée de la même manière. Aujourd'hui je me rend compte que les liens ne se sont pas tissés pareil.

Je me suis rendue compte à la naissance de la Bullette que j'avais eu du mal avec le Doudou. Parce que tant la naissance que l'allaitement ne se sont pas passés comme je le souhaitais. J'ai été contrainte de tire allaiter, je suis passée au mixte rapidement, je manquais de patience... Tout ça (et l'isolement) m'a conduite à la dépression post partum, dont je ne suis sortie qu'aux 7 mois du doudou.

A ceux qui disent que la césarienne ne change rien à l'attachement mère/ enfant, je répondrais que c'est faux. Ou que du moins, pour moi, c'est faux. Parce que je ne l'ai pas vu pendant les deux heures suivant sa naissance. Que je n'ai pas eu de peau à peau. Que je n'ai pas eu de tétée d'accueil. Que je n'ai réussi à faire le lien entre mon bébé dans mes bras et mon bébé dans mon ventre que bien plus tard. Je savais bien entendu que c'était le même. Mais la phase de l'expulsion a manqué à mon cheminement mental, et que j'ai eu beaucoup de mal à faire la transition. Mon fils, j'aurais donné ma vie pour lui, dès sa naissance. Mais avec de la culpabilité. Je l'aurais même donné plus facilement que pour ma fille, par culpabilité. De ne pas avoir su le mettre au monde, parce que je ne savais pas l'aimer comme ça, spontanément. Parce que ça a pris du temps avant que je ne me sente maman. Sa maman. Je l'ai toujours aimé, mais j'ai toujours eu cette culpabilité en fond, qui a gâché nos premiers moments. Mon petit bébé.

Pour la Bullette ça a été différent. Elle, c'est moi qui l'ait fait naître. Rien que moi. J'ai souffert, oui, mais je l'ai senti glisser hors de moi. Je l'ai eu sur moi tout de suite. J'ai eu la joie de la tenir encore toute chaude et toute humide contre moi. Je l'ai tenue fort contre moi, j'ai regarder son tout petit visage encore violet. J'ai senti son cordon encore relié à moi. J'ai entendu son premier cri, non pas dans les mains d'une inconnue et si loin de moi, mais sur moi, contre moi, dans les bras de moi, sa maman. J'ai eu cette tétée d'accueil que j'attendais tant, une petite goulue qui s'est jetée sur mon sein. Elle ne m'a pas quitté de tout mon séjour à la maternité. Tandis que j'ai dû laisser le doudou pour me reposer, et parce que la première nuit, je ne pouvais pas le prendre sans douleur. Pour ma Bullette, tout a été parfait. Il n'y a pas eu de cheminement mental à faire. Pas eu besoin d'apprendre à l'aimer.

Parce que oui, j'ai dû apprendre à aimer mon fils. Parce qu'au début, je l'aimais de façon animale surtout. Il me fallait son odeur, cette petite odeur reconnaissable entre toutes, et qui emplit mon nez rien que d'en parler. Parce que c'était la chair de ma chair, certes, mais que le flot d'amour a mis plusieurs heures voire plusieurs jours avant de me submerger à m'en noyer. Alors que ma fille, quand elle a été sur moi, ça a été instantané. Quand j'ai découvert son visage...

Alors oui, mes enfants, je les aime tous les deux plus fort que tout. Je ne fais aucune différence entre eux. Mais il a été plus simple de tisser un lien avec la Bullette qu'avec le Doudou, alors que j'appréhendais beaucoup plus mes réactions à sa naissance à elle. Peut être que j'avais peur de ne pas être à la hauteur encore une fois...

Bonne soirée, je t'embrasse !
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11 commentaires:

  1. Je pense "comprendre" ce que tu veux dire ! c'est tellement intense ce moment après une naissance par voie basse ! Toutes les mamans, (la mienne la première) qui ont eu une cesa, me disent avoir perdu quelque chose ! Ma maman m'a d'ailleurs remercié d'avoir pu assister à la naissance de la citrouille, elle m'a dit que c'etait comme si je lui avait redonné cet instant qu'on lui à volé !!!

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    1. C'est vrai que c'est intense ! Indescriptible et fort...! Et oui, l'impression qu'on m'a volé quelque chose, en effet, et c'est dur de se le dire, de se l'avouer, qu'il nous manque cet instant là. Et ça restera perdu à jamais... Mais je l'aime mon doudou ♥
      Et je comprends ta maman ♥

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  2. Je pense aussi comprendre ce que tu veux dire, j'en ai déja discuté avec des mamans ayant vécu le meme schéma que toi pour les naissances de leurs enfants, et bien souvent, elles ont le meme ressenti ! C'est différent même si on les aime tant, on a l'impression qu'il manque qqch je pense ! Bisous !

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    1. C'est perturbant quand on s'en rend compte 'pour de vrai', même si j'avais déjà conscience qu'il manquait quelque chose à cette naissance. J'en ai vu la vraie dimension qu'au fur et à mesure après la naissance de la Bulle, mais oui, je connais aussi des césarisée qui éprouvent ce manque...

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  3. Très bel article... Tu as le courage d'en parler car beaucoup de mamans n'osent pas.
    Même en accouchement par voie basse, le lien avec l'enfant n'est pas toujours facile à nouer. Avec mon fils on a nouer une fusion dès le départ, mais ce n'est pas un bébé facile... Chaque jour la fatigue s'installe un peu plus, et il y a des jours où le rejet a piqué sa place à l'amour inconditionnel que je lui porte.
    Pour moi, on ne naît pas mère, on le devient. Et finalement, peu importe le temps ou la forme que ça prend :-)

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    1. Merci beaucoup ♥ Je devais en parler, pour montrer que si certaines femmes ressentent ça, elles en sont pas les seules : mon article sur la césarienne est le plus lu, il fallait que je dise aussi le 'après' et montrer que non, tout ne coule pas de source...
      Après oui, je comprends que ça doit être dur avec un enfant difficile... J'ai eu des passades de rejet avec mon doudou quand il était trop dur et moi pas assez patiente...

      Non, c'est clair qu'on ne nait pas mère, au même titre qu'on est pas forcément la mère qu'on s'attendait à être... Le principal est qu'on les aime ♥
      Bon courage à toi, je te souhaite beaucoup de repos et un bébé moins dur...♥

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  4. Je vois bien ce que tu expliques si bien..Par contre n'ayant jamais eu de césarienne, je ne eux trop comparer. Ce que je peux confirmer c'est qu'il est important d'avoir bébé le plus rapidement possible contre soi. Après je pense aussi que même par voie basse, chaque naissance est différente et se vit différemment. Et même si on aime chacun de ses enfants de tout son coeur, la relation avec chacun n'est pas identique. L'essentiel est que tu aies réussi à la construire, au final, cette forte relation avec ton doudou.

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    1. Oui, c'est sûr, chaque bébé, chaque lien, chaque naissance est différente, on n'est pas les même à ces instants T, du coup, on ne peux pas les vivre pareil non plus du coup... Mais c'est vrai que le fait de devoir attendre, 2 grosses heures, le bidon vide, sachant que ton bébé qui a passé tant de temps en toi n'est pas avec toi... C'est dur...
      Mais oui, l'essentiel est là : mon doudou, c'est mon petit garçon, et je l'aime gros comme ça ♥

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  5. Comme je te reconnais pour la culpabilité, la volonté d'en faire plus et d'être prête à tout sacrifier pour se faire "pardonner" cette naissance qu'on n'avait pas prévu... J'ai eu la chance de rencontrer Hobbit dès le bloc et de la retrouver ensuite très vite pour une tétée d'accueil, mais je me rappelle de ses premiers mois, mon profond malaise, l'impression de ne jamais en faire assez et d'avoir failli le jour de sa naissance...
    Aujourd'hui j'espère connaître un AVAC, même si je suis consciente que c'est peut-être déjà compromis. Alors j'espère au moins que si deuxième césa il y a, j'arriverais à m'y préparer un peu avant !
    Je t'ai beaucoup lu en silence, je me suis reconnue dans tes récits de grossesse, dans ta peur de la césarienne, même si je n'ai pas commenté à l'époque. Je crois qu'avant d'être à nouveau enceinte, je n'étais pas prête à écrire quoi que ce soit sur le sujet, même un simple commentaire me semblait illégitime. Mais ton courage m'a inspiré :)

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    1. Je te remercie pour pour ton commentaire ♥ (enfin, 'tes' en réalité!)
      C'est tout a fait ça, l'impression d'avoir failli pour le doudou....!
      Félicitations pour ta grossesse, et je te souhaite un AVAC, mais je pense que quand on a cette épée de Damoclès au dessus de la tête, on est bien plus préparée à la césarienne que pour un premier accouchement...! Pourquoi penses-tu que ton avac est déjà compromis ? (si j'ai bien compris tu n'est qu'au début de ta grossesse?)

      J'espère te recroiser souvent par ici en tout cas ♥

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