lundi 13 février 2017

Le Burn out maternel, ce mal qui m'a rongée

Je suis maman depuis 5 ans et 5 mois.
Depuis 5 ans et 5 mois, je ne vais pas bien. 



Et je ne le savais pas. A vrai dire, je l'ai su par intermittence. La dépression post partum. Les coups de déprime. Cette angoisse qui reste là, coincée dans le creux de mon estomac. Cette colère qui ne bouge pas, grondant dans ma gorge et embrouillant ma tête. Ces moments où tu crois que tout va bien, mais que tout te soûle. Que l'humour qui t'avait fait chavirer chez ton homme ne fait plus monter en toi que des râleries et des yeux levés au ciel. Quand les rires de tes enfants, c'est mignon 5minutes mais dans votre chambre s'il vous plait, j'ai mal à la tête.
Quand tu crois que tout va bien parce qu'aujourd'hui tu respires, le soleil est là, tu es de bonne humeur, mais que te balader est trop dur, ton corps est lourd et a besoin d'une béquille pour ne pas flancher. Quand la poussette que tes enfants adorent devient une bonne excuse pour te servir de tuteur. Quand ton fils vient te dire avec fierté qu'il marche plus vite que toi. Et que toi, en rentrant, tu t'affales épuisée et que tu ne bouges plus, tu n'as plus la force de faire à manger, de donner le bain, de faire un brin de ménage. Tu n'as plus la force de rien.
Mais cette envie viscérale d'enfant, malgré la fatigue, qui te tenaille et te serre les entrailles. Qu'un autre bébé entre dans ta vie, limant encore ta patience, usant ton corps et ton esprit. Puis la dépression de la fausse couche après, de ce bébé que tu espérais. Puis le changement, la cohabitation, et un 3ème bébé. Qui lui aussi naît, tout cabossé de tes émotions... et qui ne sait pas lâcher prise pour dormir, comme toi au final. Et qui t'use. Qui t'use jusqu'à la corde de ses cris, de ses pleurs, de ce petit corps qui va mal.

Et un jour, à force d'être usée, tu craques. Tu craques de partout et ces sourires qui te tenait debout se fissurent et tombent, ne montrant de toi que tes larmes et cette envie de tout abandonner de partir loin, très loin d'eux. Eux, tes bébés que tu aimes à en crever, mais qui te font si mal à la fois. Et ce jour-là, comme par miracle, tu as autour de toi pile poil les bonnes personnes qui t'aident à ouvrir les yeux. Des amies, une soeur. Qui te forcent à te rendre compte que tu n'es pas heureuse. Que tu t'oublies sous toutes tes tâches. Qu'être une bonne mère, ce n'est pas atteindre un idéal que tu t'es imposé depuis ces 5 ans et 5 mois. Que tu n'es pas ta mère (qui n'est d'ailleurs sûrement pas ce que tu crois), que tu n'es pas cette autre dont la vie semble n'être que joie et bonheur. Que tu es toi, que tu es la mère dont tes enfants ont besoin. Que ta seule obligation c'est d'être toi et uniquement toi. Et que pour ça, il faut que tu penses à toi. Que c'est la meilleure chose pour ta famille aussi. Parce qu'une mère et une compagne heureuse, c'est plus important qu'un sol qui brille, mais lavé par tes larmes.





A partir du moment où je me suis rendu compte que pour que tout le monde aille mieux, il fallait que je me retrouve moi, que je prenne du temps pour MOI, le soleil est revenu. Timidement d'abord, puis de plus en plus chaque jour depuis ce moment. Je ne m'impose plus les choses. J'ai appris à être bienveillante avec moi-même. A me considérer avec amour. J'ai appris à lâcher prise sur beaucoup de choses. J'ai appris que oui, j'étais une bonne mère. D'une manière personnelle, mais qui me convient. J'ai enfin réussi à appliquer l'éducation bienveillante pour laquelle je me bats sans vraiment y arriver depuis des années. Parce que je suis bienveillante avec moi-même.

Depuis, mon amoureux est redevenu drôle, et je n'ai jamais été aussi amoureuse de lui. Arc-en-ciel dort (ok, je la force un peu pour son bien, mais les faits sont là, elle dort!) et rit enfin aux éclats, la Bulle a retrouvé le sourire et sa joie de vivre qu'elle avait perdus, Doudou est finalement bien moins dur que je ne le pensais, même s'il garde un caractère bien trempé. Et moi ? Je marche à nouveau à vive allure, je n'ai plus besoin de la poussette comme tuteur, j'ai retrouvé le goût de rire, et je n'enfile plus de masque quand je vois quelqu'un. Ma joie de vivre est à nouveau là. Et ça fait tellement de bien !

Et le comble ? Je découvre le plaisir de m'occuper de mes enfants. C'est peut être bête mais le bain n'est plus une corvée, le ménage non plus. Je suis heureuse d'offrir à chacun les soins que je peux lui apporter, entendre les rires, les jeux... Et j'ai retrouvé le goût de l'écriture, que j'avais perdu avec la naissance d'Arc-en-ciel. Mon 2ème tome est donc en cours !

Bref, il me semble bien que le burn out maternel était bel et bien là... (j'ai réussi à mettre un nom dessus en regardant l'émission Mille et une vies sur France 2, que ma soeur m'a forcée à regarder et qu'elle a découverte sur la suggestion de mon frère qui a pensé à moi... mais qui avait peur que je vive mal cette découverte ^^'). Mettre un mot sur mes maux a été un vrai soulagement!


Alors si je peux me permettre un conseil, suis le précepte qui dit :

"Charité bien ordonnée commence par soi-même"

 L'abnégation c'est bien... l'oubli de soi un vrai fléau !

Aujourd'hui, après 5 ans et 5 mois de maternité, je peux le dire : je vais bien, et je suis heureuse !

Bonne journée, je t'embrasse !

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15 commentaires:

  1. Je confirme, même si on a du mal à se faire passer dans nos priorités, une fois qu'on le fait tout devient plus facile et plus logique. Tu as de la chance d'avoir ce soutien familial, un frère et une soeur en or !

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    1. Et des amies en or massif aussi ! Sans tout ce soutien, j'en serais pas là aujourd'hui!

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  2. Je suis contente de lire ces lignes en ce qui te concerne, tu as su mettre des mots sur tes maux mais je sais je vois que tu es une merveilleuse maman :) la vie n'est pas toujours simple. Ma fille a 29 ans et mon fils que j'ai perdu il y a 9 ans aurait 26 ans et mon coeur de maman saigne souvent mais je suis très heureuse de suivre des mamans heureuses comme toi et qui savent se remettre en question ! je te souhaite pleins de choses à vivre avec ta famille et te fais de grosses bises.

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    1. Han, je ne savais pas que tu avais perdu un enfant... Je te câline bien fort (enfin, si maintenant que tu me le redis, mais je n'avais pas compris que c'était toi en fait!)
      Merci ma douce et plein de douces pensées <3

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  3. Je suis ravie pour toi et te souhaite de belles années pleines de bonheur alors!

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    1. Merci beaucoup ma douce ♥ Tout autant pour toi ♥

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  4. Mon dieu que ce texte me parle...je suis en plein dedans...avec un seul enfant. et pourtant je ressens le besoin d'un autre enfant. Alors que je ne supporte plus rien. Surtout pas mon homme qui tente tout pour me faire rire et obtient l'effet inverse. ce calme que je voudrais, que je souhaite....un jour ça ira sûrement mieux

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    1. J'ai commencé le mien avec un seul aussi. J'ai failli quitter mon homme à un moment même! Finalement on a eu 2 autres enfznts mais la dernière m'a tellement mise au fond du trou que la seule solution pour survivre c'était de remonter.
      Vraiment la première chose à faire c'eqt accepter qu'on va mal. Puis de lâcher prise. Et après on remonte tout doucement. Je te souhaite de trouver ton chemin! (si tu as l'occasion de voir cet épisode de mille et unes vies n'hésite pas. C'est criant de vérité et on apprend certaines choses sur le comment ça prend racine. Je m'y suis reconnue et ça fair du bien: je ne suis pas seule et je ne suis pas folle!)
      Je t'embrasse

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  5. Joli article qui met des mots sur un sujet souvent tabou...J'ai bien conscience de m'oublier (et d'en souffrir, je n'ai plus une minute pour moi pour l'instant...) mais à vrai dire avec un papa souvent en déplacement qui m'oblige à tout gérer toute seule et pas de famille dans le coin, je n'ai pas trop le choix. Si tu as des conseils je suis preneuse :-)

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    1. J'espère sincèrement que tu réussiras à trouver ton équilibre <3 Ici la clé ça a été le lâcher prise et la prise de conscience que plus je m'oubliais, moins je pouvais m'occuper des miens. Donc pendant la sieste, c'est du temps pour moi et rien que pour moi. Qu'importe le ménage, les tâches administratives. J'écris, je regarde la télé, je lis. Tout sauf de l'utile. Je suis juste moi, Maëva à ces moments-là ^^

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  6. Un article super bien écrit qui me ressemble tellement. J'ai un fils qui va avoir 3 ans. 3 ans que je suis mal et pourtant je ne changerais rien et surtout pas lui. J'espère pouvoir remonter à la surface comme toi et me dire enfin que je vais bien ! Merci !

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    1. Je comprends parfaitement ce sentiment =( Je te souhaite de remonter la pente et de recommencer à respirer. C'est un travail de longue haleine et de la vigilance pour ne pas retomber, mais le plus difficile est de se rendre compte qu'on a un problème. Tu as donc fait le plus dur ! Je te souhaite une bonne guérison <3

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  7. Une question : concrètement, comment as-tu fait pour "lâcher prise" "t'occuper de toi" (comment as-tu trouvé le temps ???) retrouver l’énergie ?

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    1. Pour lâcher prise, j'ai analysé tout ce qui me "stressait": entre autre, le ménage, le bruit et le blog. j'ai supprimé les liens du blog de mon ordi, j'ai dit au revoir sur ma page. J'ai décidé que je ne ferais le ménage que lorsque j'aurais envie et que je serais reposée un peu, sans me dire "putain, je suis rien qu'une feignasse, c'est dégueux!" (et crois le ou pas, mais c'est bien plus propre chez moi depuis!) et pour le bruit, j'ai décidé de me régaler des éclats de rires, des chansons et des histoires de mes enfants (ok, les cris de "MAMAN IL M A TAPE!" toujours pas xD). Et aussi, pendant les siestes, sauf si j'ai envie, j'écris, je lis, je regarde la télé, je glande. Bref, c'est du temps pour moi uniquement. Ah et aussi, j'ai décidé de profiter de mes enfants si j'en ai envie plutôt que de perdre du temps à me dire "putain faut qu'ils me lâche j'ai ci et ça à faire".
      Et franchement, je passe moins de temps à penser ménage et logistique, ce qui fait que j'ai plus souvent l'envie de le faire et le reste du temps mon esprit est libre. Pareil, je passais mon temps à tenter d'endormir arc en ciel et ça me bouffait un temps et une énergie considérable. je la pose dans son lit maintenant avec son mobile et elle chougne 5min avant de s'endormir.
      Au final je profite plus de chacun et eux aussi profite plus de moi.
      (ce qui est dingue aussi, c'est que mon amoureux est encore plus amoureux de moi depuis, et moi aussi! j'avais pas du tout pensé à ça, je ne voyais que mon comportement par rapport aux enfants, mais je me suis rendue compte que mon couple aussi avait souffert).

      Bref, une vie sans pression et avec bien plus d'envie! (et l'énergie revient du même coup!)
      Il faut juste s'autoriser d'être humaine et non une machine ^^

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  8. Je me reconnais dans cet article .... apres une hospitalisation, le therme "burn out " est tombé
    Jai 3 enfants et une séparation de leur papa, ( voulu de ma part ), mais La je n'y arrive plus , les enfants Sont chez leur père tous les jours , je les voient 2 fois par semaine , mais je ne me sent plus " maman " limite ils m'agacent .... je suis incapable de leur rendre tous l'amour qu'ils me portent , et mes proches ne comprennent pas mon état , et moi je l'accepte pas etvdure de s'apercevoir qu'on est plus " maman" , et pourtant je suis suivi ......
    Finalment c'est le jugement des proches et la culpabilité qui est dure à supporter

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